Carnet des rivesBalades entre Loir et Loire, en Anjou

Carnet de fin d'hiver

Les vins d'Anjou expliqués au promeneur curieux

Je ne suis pas sommelier, loin de là. Mais on ne se promène pas longtemps en Anjou sans croiser des vignes, et l'envie vient vite de comprendre ce qu'il y a dans le verre.

L'Anjou fait partie du grand vignoble du Val de Loire. Ce qui le distingue, c'est une variété étonnante : on y fait des blancs secs, des blancs moelleux et liquoreux, des rouges, des rosés et des vins effervescents, parfois sur quelques kilomètres de distance. Pour s'y retrouver, le plus simple est de partir des cépages.

Trois cépages à connaître

Le chenin blanc est le roi de l'Anjou. C'est un raisin capable de tout : des vins secs et tendus, des vins demi-secs, et de grands vins liquoreux lorsque les vendangeurs laissent le raisin se concentrer sur la vigne à l'automne. On lui reconnaît souvent des arômes de pomme, de coing, de miel ou de fleurs blanches.

Le cabernet franc donne l'essentiel des vins rouges. Il produit des vins plutôt frais, fruités, avec une petite note végétale qui plaît ou déplaît selon les goûts. Il sert aussi à faire certains rosés.

Le grolleau est moins connu hors de la région. Ce cépage local entre surtout dans la composition des rosés et de quelques rouges légers, à boire jeunes.

Quelques appellations qui reviennent souvent

Sans chercher l'exhaustivité, voici les noms qu'on voit le plus sur les panneaux et les étiquettes :

  • Anjou et Anjou-Villages, pour les rouges et les blancs de la région au sens large.
  • Savennières, sur la rive droite de la Loire, réputé pour ses chenins secs de garde.
  • Coteaux du Layon, le long d'un petit affluent de la Loire, pour les blancs moelleux et liquoreux, avec des crus très recherchés comme Bonnezeaux ou Quarts de Chaume.
  • Coteaux de l'Aubance, autre vallée de vins doux, plus discrète.
  • Rosé d'Anjou et Cabernet d'Anjou, deux rosés, le second étant généralement plus doux.
  • Saumur et Saumur-Champigny, à l'est, sur les terres de tuffeau, pour des rouges souples et des fines bulles.
  • Crémant de Loire, un vin effervescent produit dans une bonne partie du Val de Loire.

Visiter un domaine

Beaucoup de vignerons accueillent volontiers les visiteurs, mais il s'agit d'abord de leur lieu de travail. Quelques règles simples évitent les situations gênantes :

  • Prévenir avant de venir. Un petit domaine n'a pas toujours quelqu'un disponible, surtout pendant les vendanges ou les travaux de la vigne.
  • Ne pas hésiter à cracher. C'est l'usage lors d'une dégustation, et personne ne s'en offusquera.
  • Désigner un conducteur. Les routes de campagne sont étroites et sinueuses ; la personne qui conduit ne boit pas.
  • Poser des questions. Les vignerons aiment parler de leur sol, de leur façon de travailler, de l'année écoulée. C'est souvent la partie la plus intéressante de la visite.
  • Ne pas se sentir obligé d'acheter. Une bouteille est un joli geste de remerciement, mais ce n'est jamais une obligation.

Accorder le vin et la balade

Ce que j'aime dans le vin d'Anjou, c'est qu'il se prête aux choses simples. Un blanc sec avec un poisson de rivière, un rouge léger et frais avec une assiette de rillauds ou de charcuterie, un moelleux avec une tarte aux pommes ou un fromage de chèvre : il n'y a pas besoin d'un grand repas pour en profiter. Une fin de balade, un banc au bord de l'eau et une conversation suffisent.

Et puis il y a le paysage : les vignes qui descendent vers la Loire ou le Layon, les caves creusées dans le coteau, les petites loges de vigne où les vignerons rangeaient leurs outils. Même sans rien boire, se promener dans le vignoble en automne, quand les feuilles virent au jaune et au rouge, vaut largement le détour.

À consommer avec modération

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Ce carnet parle de paysages et de traditions ; il ne remplace pas le conseil d'un caviste ni celui d'un vigneron.

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